Noon : dessin et aquarelleLa sainte famille dite la grande sainte famille de François 1er - RaphaëlPeint en 1518, ce tableau se situe donc peu de temps avant la mort de Raphaël, alors qu'il est en pleine possession de son talent. L' Enfant Jésus, sortant du berceau, semble vouloir étreindre sa mère. Sainte Elisabeth tient dans ses bras le petit saint Jean-Baptiste et l'aide à faire une prière. Deux anges se tiennent derrière ce groupe, l'un couronnant la Vierge et son Fils, l'autre étant en adoration. Sur la droite, saint Joseph observe la scène.
A- Organisation de l'espace Comment réunir 7 personnages dans un si petit espace, en conférant un sentiment d'intimité, tout en n'étouffant pas la scène ? 1- Les personnages s'ordonnent sur 4 plans subtils : De plus, la fenêtre ouverte sur un coin de ciel bleu et de paysage accentue la profondeur de la scène en l'ouvrant sur l'extérieur. 2- Le jeu subtil des regards unient les personnages entre eux.
3- La position des différents personnages est solidement construite sur une armature géométrique. Le format du tableau est régi par un rapport 2/3, en application directe des théories d'Alberti sur les consonnances musicales (traité publié en 1485, alors que Raphaël avait 2 ans). Ce rapport 2/3 permet de découper une surface en 5 parts égales, en écho à la quinte musicale (voir les traits noirs sur le schéma) Tous les protagonistes sont situés à l'intérieur d'un carré de côté égal à la largeur du tableau, ce carré étant centré dans le tableau (figuré en vert). Les personnages principaux de la sainte-famille (jésus et marie) sont quant à eux placé dans un losange situé au centre du carré (figuré également en vert). Par ailleurs, tous les membres apparents des personnages (mais aussi les plis principaux des drapés, les arêtes du mobilier) sont placés sur des diagonales reliant deux repères issus de la subdivision 8/12 (traits figurés en rouge sur le schéma). On voit-là l'implacable géométrie de la composition, admirablement maîtrisée par Raphaël.
4- Et pourtant, rien n'y paraît. Les postures sont gracieuses, toutes en courbes et spirales, masquant admirablement la rigueur sous-jacente. Le défi est donc relevé : tous les personnages sont intimement regroupés, dans un acte d'amour. B- Couleurs, lumière La lumière vient du haut à gauche, dans l'axe du corps de Marie. Elle est relativement forte, mais pas violente, créant ainsi de doux dégradés sur les corps et les draperies. Les couleurs sourdes contribuent à la douceur de la scène. Elles sont habilement distribuées dans le tableau, se répondant d'un personnage à un autre, renforçant ainsi les liens entre eux : Pour conclure, on peut apprécier, grâce à ce tableau, tout le génie de Raphaël : Ce n'est pas pour rien que son art fut pendant des siècles à la base de l'enseignement académique de la peinture. Allez voir ce tableau, il se trouve au musée du Louvre. Article ajouté le 2008-03-09 , consulté 21 fois Commentairesfran le 09/03/2008 à 15:46:20Très belle analyse de ce tableau éblouissant de tendresse et d'amour comme tu sais si bien le dépeindre. Merci pour ce partage très judicieux. C'est un régal. fran Philippe le 09/03/2008 à 15:52:09 D'accord en tous points avec fran. C'est vrai d'ailleurs que tu es restée longtemps à le contempler. eddy le 09/03/2008 à 19:54:26 Très belle analyse , comme à ton habitude . Une grande sensibilité ressort de cette oeuvre. merci. LiensVoir les articles de la catégorie " Oeuvres "Afficher une version imprimable de cet article Retour aux articles |