7- Les compositions dans l'espace

Un des problèmes majeurs du peintre est la profondeur, l'expression plane de la troisième dimension. Les solutions utilisées ont une influence sur la composition.


a/ la perspective aérienne
Au Moyen-âge les compositions sont construites sur des géométries planes, à deux dimensions. Les quelques éléments de paysage ne donnent pas l'illusion de la profondeur. Pierro delle Francesca est l'un des premiers à uiliser la perspective aérienne. Léonard de Vinci l'expose scientifiquement.
Mais les artistes de la Renaissance ont peu développé l'espace dans leur peinture.


b/ l'espace baroque : la profondeur, l'enchaînement des plans, l'illusionnisme
Le problème de la profondeur devient majeur au moment du maniérisme, sous l'influence de la sculpture (Michel-Ange en particulier).
L'usage du contrapposto se développe tout d'abord en deux dimensions, puis en profondeur au moment du baroque.
La profondeur est également rendue par le biais de la perspective utilisée pour associer les différents plans.
On trouve également des éléments ou personnages entre le spectateur et la scène, créant une illusion de profondeur.
Le paysage est aussi utilisé pour suggérer la profondeur. A noter que dans le Nord, il s'ouvre en éventail depuis le spectateur alors qu'en Italie, il constitue un point de fuite (un cône inversé).
Au baroque, c'est le triomphe de l'illusionnisme. L'architecture, la sculpture et la peinture fusionnent pour simuler le relief et la profondeur.


c/ l'espace lumineux
Vermeer réussit à exprimer la quantité et la qualité de la lumière sur une surface donnée située à une certaine place par rapport à la surface lumineuse et à l'oeil du spectateur. La sensation de profondeur et de réalisme est intense, combinée à une composition dans les règles de l'art.


d/ l'espace imaginaire
Le Caravage introduit plusieurs nouveautés :
- il peint ce qu'il voit, d'après nature
- il utilise des éclairages violents dans des scènes sombres
- il peint en gros plan
Rembrandt sera influencé par l'école Caravagiste. Il éclaire peu ses scènes et concentre la lumière sur le sujet principal. Il utilise souvent 4 points pour découper la toile en parallèllogrammes.


e/ le sens de l'équilibre
Avec la profondeur, les formes deviennent des volumes, des masses qui s'équilibrent. Cet équilibre "se ressent". A mesure que la science de la composition se perd, le rôle de l'instinct va grandissant.
Cette recherche d'équilibre est la même pour le sculpteur, mais pour le peintre, les masses fictives sont exprimées par l'ombre et la lumière. Il s'agit donc d'équilibrer les valeurs, d'équilibrer des tâches.


Il devient également nécessaire d'équilibrer les couleurs (ou d'y renoncer en travaillant en monochrome pour ne pas perturber l'équilibre des valeurs).
On observe deux attitudes face à la couleur :
- les coloristes, qui recherchent l'effet décoratif des tons (Poussin, Delacroix, Gauguin)
- les optiques, qui recherchent l'expression des modifications naturelles des couleurs (Caravage, Courbet, Seurat)



Article ajouté le 2008-01-02 , consulté 8 fois

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