4- Les consonances musicales

4-     LES CONSONANCES MUSICALES

 

Au XVème siècle, à Florence et dans l'Italie du Nord, les artistes de la première Renaissance sont aussi des humanistes qui expriment leur pensée dans des livres. Ils prônent toujours l'usage des mathématiques mais en utilisant des calculs, des relations simples et mesurables, au lieu de la géométrie et du compas.

Cela traduit aussi le désir de rattacher les arts plastiques à l'art majeur : la musique, par l'emploi de rapports musicaux.

 

a/ l'Albertisme

 

En 1485, Alberti rédige un traité d'architecture. Il y explique que les conditions de la beauté reposent sur l'utilisation de certains rapports musicaux agréables à l'oreille : l'octave (1/2), la quinte (2/3), la quarte (3/4).

Il définit des formats de surfaces basés sur ces rapports, qui donnent des compositions légèrement asymétriques mais simples.

Il rédige ensuite un traité de peinture où il concrétise ces principes pour les arts plastiques. Ces nouveaux principes sont utilisés pour les nouveaux sujets mythologiques.

 

b/ Piero della Francesca

 

Il est passionné par la peinture et les mathématiques. Vers 1480, il rédige trois livres :

-         un traité de perspective, où il explique que la peinture comprend trois parties : le dessin, les mesures et la couleur.

-         Un traité d'arithmétique et de géométrie

-         Un traité sur les cinq corps réguliers (qui sera intégralement « repris » par Pacioli)

 

c/ les consonances au XVIème siècle

 

Raphaël : il connaît les idées de son temps mais les utilise librement. Il utilise souvent les rapports simples 2/3 ou ¾.

Léonard de Vinci : lui aussi connaît ces principes mais il n'imite aucun modèle. Il veut juste comprendre les mystères de la nature.

Dürer : après un voyage à Venise, sa peinture change d'esprit. Auparavant, il utilisait beaucoup le nombre d'or et ses compositions étaient très remplies. Après ce voyage, il utilise des rapports musicaux et obtient des compositions plus aérées.

Le Titien : utilise également les rapport musicaux, en particulier 4/6/9.

 

d/ les Académies et la musique

 

Peu à peu, l'usage des proportions musicales disparaît, avec l'époque qui les a produites.

Les peintres les mixent avec d'autres approches :

-         Tintoret : utilise les rapports musicaux et l'armature du rectangle

-         Poussin : utilise un point situé sur un rapport musical

L'Académie royale de peinture et de sculpture utilise encore ces références musicales dans les conférences, mais elles sont vidées de leur sens premier.



Article ajouté le 2007-12-14 , consulté 11 fois

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