1425 (Tours) - 1478
SA VIE
Il fût le premier peintre et miniaturiste français à avoir eu une carrière internationale, à la fois comme peintre de portrait et d'histoire.
Son art se situe à la charnière de deux époques : il est l'héritier des imagiers du moyen-âge et le précurseur des peintres de la Renaissance française.

Portrait de Jean Fouquet
Il a fait son apprentissage à Paris, lieu de brassage des enlumineurs français, italiens et flamands.
Il a fait un voyage en Italie (1445-1450), ce qui a influencé sa manière de peindre :
- utilisation de décors de type italien (paysage, architecture)
- utilisation de couleurs vives et chaudes
- utilisation de la construction géométrique (Cf. Alberti)
- utilisation de la profondeur (perspective géométrique, atmosphérique, plusieurs plans)
Puis il revient s'installer à Tours, devenue la capitale du royaume de Charles VII. Il réalise le portrait du roi et reçoit des commandes des hauts personnages de la cour (Etienne Chevalier, Guillaume Jouvenel des Ursins).
Il continue à travailler sous Louis XI, qui le nomme tardivement peintre du roi (1475).
Pour en savoir plus, visitez l'exposition virtuelle de la BNF.
SON OEUVRE
Portraits
A cette époque, le portrait se vulgarise. On recherche la personnalité au détriment des conventions.

Portrait du chancelier Guillaume Jouvenel des Ursins

Dessin préparatoire au tableau
Commentaires issues de l'exposition de la BNF :
La technique même du dessin de Berlin est exceptionnelle pour l'époque : Fouquet en effet emploie uniquement ici des pierres de couleurs et du pastel.
En se faisant l'adepte d'une technique peu employée – dont il est peut-être même l'inventeur –, Fouquet avait une idée très déterminée de l'effet à obtenir. Celle-ci permet en effet, avec une économie de moyens remarquable, d'appréhender globalement, en quelques traits, larges et assurés, l'essentiel d'un visage : en dépit de cette vision simplificatrice, le dessin de Berlin s'avère néanmoins d'un réalisme et d'une précision étonnants dans le rendu du nez fort et charnu, du lourd menton, de cette joue large et molle dont sanguine et pastel traduisent le gonflement. De cette tête carrée et puissante, cadrée au plus près dans la feuille de papier d'un gris presque oppressant, émane une calme assurance, une expression teintée à la fois de bonhomie et d'intelligence.

La vierge à l'enfant (volet droit du dyptique de Melun)
Malgré ses airs de poupée gonflable, ce portrait déroge aux conventions du portrait religieux. Les traits de la vierge sont probablement ceux d'Agnès Sorel, la maîtresse du roi Charles VII. Sa beauté est soulignée par une rigoureuse construction en triangle.
Enluminures
Ce fût sa plus grande activité, car l'essentiel de ses commandes (l peinture était encore peu répandue à l'époque).
- Livre d'Heures d'Etienne Chevalier
- Grandes chroniques
- Cas des nobles hommes de Bocacce
- Les antiquités judaïques de Flavius Josèphe

Les antiquités judaïques de Flavius Josèphe - Défaite des fils d'Héli
La profondeur est ici remarquable par l'emploi de la perspective, de la superposition de différents plan et l'utilisation habile de la perspective atmosphérique.

Les antiquités judaïques de Flavius Josèphe - Entrée de Ptolémée Soter à Jérusalem
L'utilisation des teintes vives et chaudes est directement inspirée des artistes italiens, et préfigure les tableaux des siècles suivants.